A son retour il travaille un temps au Tissus Ducharne mais ses relations avec Jacques Maritain et surtout Maxime Jacob le conduiront à l'Abbaye d'En Calcat où il entre en septembre 1930. Il étudie la philosophie et la théologie et est ordonné prêtre en 1937. A cette époque, il se remet à dessiner et à peindre. Il se consacre même à un Évangéliaire qu'il n'achève pas avant que la guerre le projette en Lorraine. A son retour dans l'Aude, aux environs de Carcassonne, il découvre un lieu merveilleux, peuplé de paons et une espèce de révélation le conduit à dessiner. Il réalise tout une série d'aquarelles qui, révélées par Jean Lurçat de passage au monastère en 1941, vont devenir sans aménagement notoire, des cartons puis des tapisseries. Deux tapisseries sont ainsi exposées au Musée des Augustins à Toulouse avec les créations des noms de la tapisserie de l'époque. Dom Robert est immédiatement reconnu. Mais ce succès soudain ne lui est pas propice : en 1948, il s'écarte et se réfugie en Angleterre, à Buckfast Abbey où les poneys de Dartmoor et les moutons sauvages seront une nouvelle source d'inspiration. Ces amis, les frères Gimpel, l'exposent à Londres en 1950.
Dom Robert revient à En Calcat en 1958 et il retrouve dans cette région d'équilibre ses marques. Il se met à produire et ne s'arrêtera plus. Le lissier François Tabard le met en relation avec Denise Majorel et La Demeure, à laquelle il restera fidèle, organise sa première grande exposition. De même en province, dans la région, l'exposition Richesses du Tarn va d'année en année dérouler à Réalmont, la quasi-totalité de son œuvre. Voici les années soixante où Dom Robert consomme un accord définitif avec la Montagne Noire. Sa silhouette fine devient familière et il travaille avec une détermination étonnante et une sérénité sans cesse renouvelée.
Avec l'âge une fatigue, purement physique, le freine. Il approfondit ses dessins et les termine plus volontiers à la gouache. Il n'affronte plus les grands espaces que sont les cartons de tapisseries. Il veut aller au Portugal voir les azulejos, il est persuadé que la céramique peut se révéler un nouveau moyen de s'exprimer. Il réalisera même un grand panneau décoratif pour l'église Notre-Dame de Grâce de Toulouse. Mais il n'est que moyennement satisfait. En vérité, ce qu'il souhaite c'est parcourir la campagne et dessiner, dessiner sans fin. En 1994, une mauvaise chute dans un escalier lui fait arrêter toute activité. Il décède à l'abbaye d'En Calcat entouré de ses frères moines, le 10 mai 1997, à l'âge de 90 ans. »

Lettre n°11 - mars 2011
Association Dom Robert - Le Bois Vieil - 81110 Verdalle - 05 63 50 30 78 - contact@domrobert.com