
Entre 1942 et 1992, Dom Robert créera une centaine de cartons, certains extraits ou repris de cartons précédents mais toujours retravaillés de sa main, la plupart sans maquette préalable. Le « carton » composé à la grandeur d'exécution de la tapisserie est placé sous la chaîne du métier où les lissiers suivent le dessin donné avec exactitude. Dom Robert adoptera la technique du carton numéroté mise au point par Jean Lurçat et lui restera fidèle : « Mes cartons sont le plus généralement chiffrés, c'est-à-dire que chaque zone de couleurs est indiquée par un chiffre ou signe conventionnel correspondant.(…) En ce qui me concerne, chaque couleur est subdivisée en plusieurs nuances du clair au foncé et numérotées à la suite. En tout une quarantaine de tons à partir de 8 couleurs de base environ. En plus de ces couleurs plates, j'emploie volontiers des mélanges de nuances auxquelles on donne le nom de chiné, ou piqué, obtenu au tissage par le mélange sur une même flûte de plusieurs fils de couleurs différentes. (…) Ajoutons encore le travail des hachures ou battages, plus ou moins longs, traduits en dents-de-scie, utilisés pour obtenir des passages de tons et des modelés plus souples. » (Extrait de texte de Dom Robert « Composition d'un carton de tapisserie » dans catalogue exposition « La Demeure », Paris 1974.)
Après les premières tapisseries issues des aquarelles sur le thème des saisons, prennent place quelques œuvres de commandes pour des édifices religieux comme « Notre-Dame-de-France » pour l'église éponyme de Londres, ou « Terribilis » pour l'église Notre-Dame-du-Bon-Espoir à Dijon. La figure humaine, présente dans la « La Création de l'homme », et les thèmes religieux disparaissent définitivement de ses tapisseries au cours des années cinquante. C'est le monde végétal et animal qui capte alors toute son attention, et les titres poétiques, jamais illustratifs cependant, sont éloquents de cette veine d'inspiration. De « L'Arbre qui chante » en 1950 à « L'Herbe qui lève », (dernier carton mis au point en 1992), en passant par « La Vie douce », « Les Enfants de lumière », « La Clef des Champs » ou « Ombelles », c'est une promenade originale que Dom Robert chaque fois nous propose qui rejoint sa conception de cet art : « Dans une tapisserie, on se promène … Une promenade sans but précis, on se plait à flâner. Un détail vous conduit vers un autre, un rouge mène à un bleu. Tout d'un coup, on découvre un oiseau, un écureuil qui voulait se cacher, on en cherche d'autres comme on va aux champignons, le même plaisir qu'en un sous-bois, une sorte de jeu de cache-cache. (…) En somme, la tapisserie est davantage un art du temps … Art du temps par sa facture aussi, art de longue patience … »
Dans le cadre de notre mission d’établir un catalogue raisonné de l’œuvre de Dom Robert, nous avons lancé dès la création de ce site, un appel aux collectionneurs.
Nous avons ainsi recueilli des informations précieuses sur certaines œuvres, renseigné des collectionneurs ou experts sur des tapisseries de Dom Robert et enrichi nos bases de données.
N’hésitez pas prendre contact avec nous pour nous faire part de votre témoignage sur Dom Robert et de nous envoyer éventuellement des copies de documents (photographies, correspondance) ou images d’œuvres qui pourraient enrichir nos connaissances. Nous respecterons bien sûr votre anonymat.
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La Lettre n°12 vient de paraître

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